Emprunter un bon livre numérique

J’ai rédigé ce  billet  dans le cadre du cours SCI6355 sur l’économie du document de la maîtrise en sciences de l’information de l’EBSI. Bien qu’il traite du prêt de livre numérique en bibliothèque, je l’ajoute à ce blogue vu l’importance pour les bibliothèques de développer des réseaux sociaux autour du livre numérique et rendre leur espace virtuel dynamique.

Comme vous le savez sans doute, les bibliothèques, au cours de l’Histoire, ont su se renouveler et s’adapter aux changements technologiques, médiatiques et sociétaux pour toujours mieux servir leurs usagers. Les bibliothèques doivent-t-elles maintenant offrir les livres numériques pour répondre aux besoins des usagers?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord voir comment se porte le marché du livre numérique. Les chiffres publiés en mai dernier par Amazon.com indiquent bien que celui-ci est en pleine expansion, car Amazon vend maintenant plus de livres Kindle numériques que de livres imprimés aux États-Unis. Depuis avril 2011, pour chaque 100 livres imprimés que vend Amazon.com, il vend 105 livres Kindle. Amazon a vendu trois fois plus de livres numériques cette année que pour la même période l’an dernier. Il y a un marché florissant pour le livre numérique et, si on achète des livres numériques, on aimerait certainement aussi les emprunter, mais encore faut-il que les titres qui nous intéressent soient disponibles, et ce, dans notre langue.

Aux États-Unis ainsi qu’au Canada anglais, les bibliothèques offrent depuis quelques années déjà le prêt de livres numériques. La compagnie américaine, Overdrive est le chef de file pour la distribution de livre numérique et de livre audio avec 19 millions de livres empruntés dans un modèle où les bibliothèques paient pour la création d’un site web personnalisé de prêts pour leur collection numérique ainsi que pour leur collection de livres téléchargeables. D’autres joueurs s’ajoutent dans ce marché, entre autres 3M, mais il semble que le modèle d’affaires restera sensiblement le même. Au Québec, seulement les bibliothèques publiques de Dollard des Ormeaux, Pointe-Claire, Côte St-Luc et la bibliothèque de McGill offrent les services de prêt numérique d’Overdrive. BAnQ développe sa collection numérique et offre des ressources de plus en plus variées avec 45.000 livres dont 25 % des titres sont en français. Les bibliothèques québécoises demeurent tout de même peu présentes dans ce marché. Pourquoi?

Doit-on encore parler de retard historique des bibliothèques québécoises ou est-ce plutôt l’offre de livres en français qui n’est pas au rendez-vous? Cette offre pour le marché québécois se développe néanmoins. De Marque, qui a lancé la première plateforme de distribution de livres numériques au Québec en 2009, valide depuis février dans quatre bibliothèques publiques québécoises, un projet-pilote d’un système de prêt de livres numériques comme l’indique un article paru dans Le Soleil. Selon la loi 51, au Québec, les acheteurs institutionnels doivent acheter auprès d’une librairie agréée. Le modèle expérimenté permet aux bibliothèques d’acheter des livres des librairies agréées et de les offrir en prêt chronodégradable sur le site web de la bibliothèque. L’usager qui emprunte un livre le reçoit par courriel pour ensuite télécharger son droit de lecture sur le support de son choix.

En espérant le projet-pilote concluant, je crois que l’arrivée des collections de livres numériques pour l’ensemble des bibliothèques publiques est imminente. Cependant, pour bien profiter du potentiel du numérique, les bibliothèques doivent utiliser le livre numérique comme véhicule de communauté comme l’explique l’article de Christian Liboiron paru dans Argus. Les livres numériques devraient permettre des échanges entre les abonnées et une participation à la communauté de la bibliothèque. Les livres numériques pourraient alors devenir une parcelle de la bibliothèque qui saura s’épanouir dans un espace virtuel.

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